Fin.

J’ai vécu quatre jolis mois. Longs et très exigeants sur la fin mais beaux. Alors la décision n’a pas été facile à prendre, voire même déchirante mais je m’arrête.

Je m’arrête parce que je n’ai plus envie.
Parce que je ne veux plus.
Parce que c’est trop prenant et que j’ai une sensation de gâchis en ne pouvant pas profiter de cette merveilleuse ville.
Parce que je serais à deux doigts de faire n’importe quoi pour tenir le rythme.
Parce que ça a un coût.
Parce que, même si je retourne ça dans ma tête, je ne m’imagine pas repartir.
Parce que c’est loin.
Parce que c’est trop.
Parce que les points positifs ne compensent plus les négatifs.
Parce que je n’ai pas le courage, et que je n’ai plus ce qui malgré ma peur m’animait et me poussait avant de partir.
Parce que j’ai vu ce que c’était, que j’en étais capable mais que justement aussi formidable que ce soit ce n’est pas ce que veux. Pas comme ça.
J’aimerais avoir envie de continuer, mais non. Et ça me tue.
Parce que, même me dire que ça sera les derniers mois, que je repartirai pas après ne change rien.
Parce que même si je le fait, mon année ne vaudra rien ici.
Parce que je sais que je subirai les prochains mois. Et n’aurait plus que ça comme souvenir.
Parce que je ne le ferais que par orgueil.
Parce que l’expérience vécue est bien différente de celle que je pensais vivre.
Parce que pour y rester, il n’aurait pas fallu que je revienne.

Surtout parce que maintenant je sais.

Je m’arrête, je crois au bon moment, en ayant vu que j’en étais capable. En repartant à Noël j’avais le sentiment que je n’avais plus rien à y faire. Que j’étais assez remplie de Montréal.
Bien sûr j’aurai toujours un pincement au cœur, des « et si » dans la tête , parfois des « finalement c’était que quatre mois et c’était faisable ». C’est si facile de me dire ça une fois le décision prise, et je le me dis parce que je sais très bien que je n’aurais pas à le faire.

Alors j’arrête, fière et heureuse je crois, mais aussi pour quelque temps un peu de tristesse dans le regard. Parce que la décision n’était pas facile, parce que je ne l’avais pas vue venir et que c’est dur de réaliser que ce qu’on pensait être un peu le rêve d’une vie ne l’est finalement pas.

Je ne voudrais surtout pas qu’on me juge. Merci à ceux qui sont passés par là.

Montréal, de toi je garde la chaleur et l’humanité des gens. Ton climat extrême il faut bien le dire, ta neige sublime, ta joie de vivre. Je te laisse une petite partie de moi. Je suis arrivée encore enfant, pas tout à fait adulte. Je suis repartie adulte, plus aucune trace d’enfance sur le visage.
Montréal on se reverra, mais autrement, j’en ai pas fini avec toi.

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