Mais ça ne changera rien

Ça fait bien longtemps que les larmes n’étaient pas arrivées sans crier gare. Je pense souvent à toi ces derniers temps, non pas que je ne pense jamais à toi, mais en plus fort. Tu es comme une pensée tellement habituelle que je n’y pense plus, dernièrement tu t’imposes. Je me doutais que les 5 ans ne passeraient pas inaperçus. Est-ce ça faire son deuil ? Parce que tu sais, je me rends de plus en plus compte que tu n’es plus là. Tout ce que je savais déjà, toutes les émotions par lesquelles je suis passée, je les ressens à nouveau mais d’une manière totalement différente. Je les ressens avec l’acceptation en plus je crois. Je ne sais pas si j’aime ou non, ça veut dire que je mûris, grandis, me fais enfin à l’idée, mais d’un autre côté si je l’accepte, c’est que c’est vrai. Que toutes les larmes versées ne changeront rien.
J’ai toujours eu ce que je voulais que ce soit quand j’étais petite ou maintenant. Avec tout le monde mais surtout avec toi, alors imagine ma colère et ma peine lorsque ce que je veux vraiment je ne pourrais jamais l’avoir. Je pourrais faire mon plus beau caprice, hurler, pleurer, taper du pied ou faire une crise de nerf ça ne changera rien. A quoi ça sert que tu m’ai toujours donné ce que je voulais, à quoi ça sert que tu ai si souvent cédé à mes caprices si là tu ne fais rien, si tu ne fais pas en sorte que ça n’ai été qu’un très long cauchemar?

Je m’épuiserais à pleurer si seulement.. Je sais que ça ne fera rien, parce que j’ai souvent pleurer à m’endormir d’épuisement, et le lendemain rien n’avait changé.

Je ne saurais trouver les mots justes pour décrire ma peine et ma colère. Il n’y a pas de mots pour un mal comme ça, je suis seule face à lui et j’ai bien du mal à l’expliquer aux autres, coincée avec des mots qui ne veulent rien dire. Comment faire comprendre à quelqu’un qui te dis « je comprends » que certes peut-être qu’il comprend mais qu’heureusement pour lui il ne sait pas ?
Je donnerais cher pour une heure, une seule pour savoir ce que tu penses de moi, de J. Oh tu es fier sûrement. Je suis chanceuse tu sais, je ne sais pas comment tu t’es débrouillé pour me donner tant confiance en ton amour et ta fierté qu’une fois parti je n’en doute pas une seule seconde et que c’est je crois la seule chose qui me console. Je n’ai pas à me demander ce que tu dirais, je le sais, je voudrais juste de l’entendre me le dire.
Je me résigne je crois à ton absence, peut-être un jour serais-je de nouveau capable de parler de toi ou du moins redire « papa ». Cinq ans que je n’ai pas prononcé ce mot. Pourquoi le faire, alors qu’il y a plus rien derrière et que personne n’y répondra.

Je supplierais Dieu tous les jours, ferais toute sorte de promesse et je les tiendrais, ne dirais plus un seul gros mot, ne me mettrais plus jamais en colère, ne râlerais plus jamais, ne dirais pas un mot plus haut que l’autre, n’en voudrais jamais à personne. Je te pardonnerais même tout. Je ferais tout ça pour qu’une dernière fois tu me fasses rire comme toi seul en avait le secret, pour entendre ta voix et être sûre de m’en souvenir toujours, te voir fumer, m’enivrer de cette odeur de tabac froid, tenir ta main rugueuse et te dire au revoir.

Mais pour la première fois de ma vie, rien de ce que je pourrais faire ne changerait la plus petite chose, et c’est pourtant la seule bataille dans laquelle je me jetterais à corps et cœur perdus.

PS: je pose ça là, ce blog n’est pas vraiment pour ça je sais, mais bon..

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Fin.

J’ai vécu quatre jolis mois. Longs et très exigeants sur la fin mais beaux. Alors la décision n’a pas été facile à prendre, voire même déchirante mais je m’arrête.

Je m’arrête parce que je n’ai plus envie.
Parce que je ne veux plus.
Parce que c’est trop prenant et que j’ai une sensation de gâchis en ne pouvant pas profiter de cette merveilleuse ville.
Parce que je serais à deux doigts de faire n’importe quoi pour tenir le rythme.
Parce que ça a un coût.
Parce que, même si je retourne ça dans ma tête, je ne m’imagine pas repartir.
Parce que c’est loin.
Parce que c’est trop.
Parce que les points positifs ne compensent plus les négatifs.
Parce que je n’ai pas le courage, et que je n’ai plus ce qui malgré ma peur m’animait et me poussait avant de partir.
Parce que j’ai vu ce que c’était, que j’en étais capable mais que justement aussi formidable que ce soit ce n’est pas ce que veux. Pas comme ça.
J’aimerais avoir envie de continuer, mais non. Et ça me tue.
Parce que, même me dire que ça sera les derniers mois, que je repartirai pas après ne change rien.
Parce que même si je le fait, mon année ne vaudra rien ici.
Parce que je sais que je subirai les prochains mois. Et n’aurait plus que ça comme souvenir.
Parce que je ne le ferais que par orgueil.
Parce que l’expérience vécue est bien différente de celle que je pensais vivre.
Parce que pour y rester, il n’aurait pas fallu que je revienne.

Surtout parce que maintenant je sais.

Je m’arrête, je crois au bon moment, en ayant vu que j’en étais capable. En repartant à Noël j’avais le sentiment que je n’avais plus rien à y faire. Que j’étais assez remplie de Montréal.
Bien sûr j’aurai toujours un pincement au cœur, des « et si » dans la tête , parfois des « finalement c’était que quatre mois et c’était faisable ». C’est si facile de me dire ça une fois le décision prise, et je le me dis parce que je sais très bien que je n’aurais pas à le faire.

Alors j’arrête, fière et heureuse je crois, mais aussi pour quelque temps un peu de tristesse dans le regard. Parce que la décision n’était pas facile, parce que je ne l’avais pas vue venir et que c’est dur de réaliser que ce qu’on pensait être un peu le rêve d’une vie ne l’est finalement pas.

Je ne voudrais surtout pas qu’on me juge. Merci à ceux qui sont passés par là.

Montréal, de toi je garde la chaleur et l’humanité des gens. Ton climat extrême il faut bien le dire, ta neige sublime, ta joie de vivre. Je te laisse une petite partie de moi. Je suis arrivée encore enfant, pas tout à fait adulte. Je suis repartie adulte, plus aucune trace d’enfance sur le visage.
Montréal on se reverra, mais autrement, j’en ai pas fini avec toi.

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Trois mois le bilan

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Trois mois aujourd’hui, je mentirai si je disais que ça a été long pour y arriver. La vérité, c’est que même si en ce moment le temps me semble s’écouler lentement, je n’ai pas vu ces trois derniers mois passés et tant mieux!

Trois mois, et j’essaye d’être indulgente avec moi même quand certains jours sont plus durs que d’autres. Je dirai que ce troisième mois a été placé sous le signe de l’ambivalence, je jongle constamment entre les moments où je me dis « ah oui, je veux vraiment rester l’année prochaine, voir même travailler ici » et ceux où je me dis que c’est certes fantastique d’être ici, mais que je voudrais rentrer. Et ça fait aussi JUSTE trois mois, bien trop tôt pour décider d’une quelconque décision là dessus.

Néanmoins, même si le début du mois de Novembre a été difficile, j’ai quand même eu un beau troisième mois. Ma confiance en moi à notamment été reboostée avec les résultats obtenus à l’examen, mais bon ça ne m’empêche pas de quand même douter pour les prochains. Ce serait bien trop facile sinon.

Sinon depuis le dernier bilan :

– je suis allée à la cabane à sucre, et c’était bien!
– j’ai fêté halloween
– j’ai eu 21 ans
– j’ai commencé à ponctuer mes phrases d’expressions québécoises
– Il m’arrive d’ailleurs de jurer en québécois
– la première neige est -enfin- tombée
– je ressemble désormais à un esquimau lorsque je sors
– j’ai découvert que même lorsqu’il neige toute la journée, les voitures et les bus continuent de circuler
– découvert Fred Pellerin, d’ailleurs si vous ne connaissez pas, filez l’écouter
– grâce à Félicie, j’ai découvert les Têtes à claques et me suis regardée une bonne dizaine de vidéos, c’est hilarant et ça fait vraiment du bien
– un bébé est né dans la nuit du 6 novembre
– j’ai vu la parade de Noël dans le centre ville, et j’ai loupé le père noël, parce que j’avais mal calculé mon coup et je gelais vraiment (mais genre, vraiment) dans mes bottines. C’est bon j’ai compris, je ne lâche plus mes bottes d’hiver

Voilà, je crois que c’est tout, et c’est quand même déjà pas mal. Le mois prochain à la même date je serai en France,  et donc ferai mon bilan là-bas.

 

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Photo floue, mais à ma décharge, on gelait

Photo floue, mais à ma décharge, on gelait


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Winter is coming

Les premiers flocons sont tombés vendredi après-midi, enfin! Ça faisait des semaines que je les attendais et que je râlais parce que la météo se trompait.
J’ai re râlé (mode française ON), parce qu’elle ne tenait pas au sol et qu’elle avait vite fondu ce weekend.
Enfin j’ai pas été déçue lundi, où là, d’une elle tenait, et de deux ne s’arrêtait pas.. En bonne néo québécoise pas habituée j’avais juste mis mon manteau d’automne et mes bottines à talons, gros fail. Il ne faisait pas si froid que ça donc ça allait, mais c’est tellement pas pratique.
Et hier, j’ai enfin sorti la panoplie, gros manteau et bottes. Bottes que j’ai mises grâce au tweet de Felicie, il ne neigeait plus alors dans ma tête, pas de neige pas de bottes. Ahahahah, c’est à ça qu’on reconnaît la débutante. Et ok, c’est vrai, dès que je suis sortie j’ai vu la différence.

Je dois avouer que, vu que je n’avais pas froid, j’ai pensé que j’étais trop couverte.. Hum. J’ai enlevé ma capuche et mes gants que j’ai donc remis très vite..

Bref, winter is coming.

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1826 jours

Cinq ans et j’entends encore ta voix.

Je me souviens qu’il y a cinq ans, je me suis dit « un jour ça fera cinq ans ». Aujourd’hui on est dans cinq ans. Je ne pourrais pas dire que ça a été long, c’est bien ça le plus dur à accepter.. La vie, ma vie a continué, après s’être arrêtée un petit moment. J’ai avancé, j’ai je crois commencé à vivre sans être bancale. Je me fais souvent ce constat, que depuis cinq ans finalement je vais bien mieux que pendant les seize premières années de ma vie, et que c’est parce que tu n’es plus là. Ça fait 1826 jours que je vis sans toi, et finalement ça ne fait que 1826 jours que j’ai commencé à ne plus survivre, à ne plus lutter avec la vie.

Cinq ans, et je crois que j’ai enfin accepté que tu ne reviendras plus, que finalement tu n’étais juste pas parti en voyage très très loin

Comme chaque année, j’ai cette façon bien à moi, d’être avec toi. C’est moins marqué cette année, parce que cette année est particulière, mais je sais que je ne suis pas vraiment là, que pendant toute cette semaine, mon esprit sera ailleurs, et que je ne serai pas présente pour les autres. Je ne me le permets qu’une fois par an, je pense à toi tout le temps bien sûr, mais différemment, à cette période je m’autorise à être triste, à être déçue et à ne pas être avec les autres parce que je te laisse toute la place. Je ne sais pas comment je vais vivre cette journée, cette journée où je suis toujours seule dans ma peine et dans ma bulle, mais cette année plus seule encore. J’aimerais que tu vois où j’en suis arrivée aujourd’hui, ce dont j’ai été capable. Je payerais cher juste pour te raconter les gens, la vie ici. Je payerais cher pour entendre la fierté dans ta voix, mais je sais que de toute façon tu es fier de moi. S’il y a bien deux choses dont je n’ai jamais douté et dont j’ai été sûre toute ma vie, c’est ton amour et la fierté que tu avais pour tes filles.

Cinq ans et la petite fille en moi qui espère quand même qu’on lui dise que c’était juste un cauchemar.

Ici un bébé est né. La vie après la mort, la tendresse et l’amour mêlés à la peine et au deuil. La vie est parfois bien surprenante.

Cinq ans et j’aimerais juste te dire que je vais mieux, que je vais bien

Un jour ça fera dix ans. Un jour j’aurai vécu plus longtemps sans toi qu’avec toi.

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Cookies au beurre de cacahuètes

Je suis pas une grande fan du beurre de cacahuètes, mais ici c’est un peu le produit phare et incontournable. Je ne pouvais donc pas ne pas réaliser de recette avec. Il en allait de mon intégration en quelque sorte (j’exagère un peu non ?)

Voilà la recette (piquée ici)
Pour environ 20/30 cookies.
100g de farine
-50g de sucre
-115g de sucre vergeoise blonde
-75g de beurre
-220g de beurre de cacahuètes
-1 gros oeuf
-90g de cacahuètes salées
-90g de pépites de chocolat
-1 cuillerées à café de vanille liquide
-3/4 de cuillerée à café de bicarbonate de soude
-1/4 de cuillerée à café de sel.

Personnellement, je n’avais ni cacahuètes ni vergeoise.

Préchauffer le four à 180 °C.
Faire fondre le beurre et ajouter les sucres. Bien mélanger, ajouter la vanille liquide et l’oeuf.
Mélanger et ajouter le beurre de cacahuètes.
Dans un bol à part, mélanger la farine, le bicarbonate de soude et le sel. Ajouter ce mélange sec au précédent mélange.
Mélanger et ajouter les cacahuètes et les pépites de chocolat.
Tout mélanger et ramener en boule.Former des boulettes de 35g. Les placer sur une plaque à pâtisserie garnie de papier sulfurisé.
Aplatir avec la paume de la main.
Mettre au four à 180°C pendant 8 à 10 minutes. Le bord doit être un peu doré et le cookie gonflé.

La photo est moche, mais en fait, je n’avais absolument pas prévu d’en faire un billet.

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Halloween

Vendredi dernier j’ai fêté mon premier Halloween ici, mon premier vrai Halloween en fait. J’ai du le fêter trois, quatre fois quand j’étais petite et ça s’arrête là. De tout façon, une fois que l’on a vu comment ça se passe ici, on peut avoir fait tous les Halloween qu’on veut, c’est incomparable.
Ce qui est bien, c’est que grâce aux enfants, j’ai vraiment pu voir ce que c’était que la chasse aux bonbons, ce que signifiait « courir l’Halloween ». Oui courir, parce qu’ici tu ne marches pas tranquille jusqu’aux maisons, non, tu cours comme un dératé.

C’est vraiment surprenant cette différence, tout le monde joue le jeu, tout le monde est déguisé, petits ou grands, rare on été les personnes sans déguisement à donner des bonbons. Et puis, les maisons sont tellement bien décorées, j’étais fascinée par toutes les décorations, que ce soit les maisons transformés en scènes de crimes, les sorcières dans les buissons ou pendues, les pieds enterrés dans le jardin, ou encore les fantômes accrochés aux branches. Mention spéciale pour la maison qui avait installée une tyrolienne avec une sorcière qui traversait le jardin, et le « squelette majordome » à la porte.
J’ai découvert LA règle d’Halloween, si tu décores ta maison et qu’il y a de la lumière, tu donnes des bonbons.
On a donc couru Halloween qu’une heure et demie, mais vu tout ce qu’on a eu, je me dis que c’était certainement bien suffisant, sinon on aurait eu du stock jusqu’à l’année prochaine.

Dommage avec la nuit, impossible de prendre des photos, mais ça valait le détour!

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Le butin

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